Vie des Mots

Petites réflexions sur notre langue, par Lutécole

25 octobre 2008

Professeuse et causeuse


      Alors que « sénatrice » et « directrice » invitent hautement « auteur » à donner « autrice », il est des métiers non dépourvus de prestige pour lesquels on hésite à marquer la féminité : on lit et entend « professeure », « chercheure », « procureure ». Rigoureusement rien, pourtant, ne fait empêchement à « professeuse », ni à « procureuse » ; d'ailleurs « chercheuse » n'est pas rare. Il n'échappe à nul regard attentif que l'on n'a pas de pareilles pudeurs avec « mangeuse »,« buveuse », « fumeuse » ou « causeuse » ; ni avec « voleuse ».
      Il est d'autres états pour lesquels il n'est même pas prévu un « e » final. S'il en était besoin – plût aux dieux, etc. – il n'y aurait pas à se priver d' « assassine », ni d' « escroque ».





05 octobre 2008

Agente


      Qui osera le premier, ou la première, s'adresser à une policière en tenue (à un policier-femme ? lamentable !) en lui donnant du « Madame l'Agente » ? Il, ou elle, nous racontera.
      Et pourtant médecins et médecines | Reprenons | Et pourtant toubibs et toubibes ont des patients et des patientes. Le patient étant à l'agent ce que la passion est à l'action, à la patiente doit correspondre très analogiquement l'agente.
      Voici une stratégie qui pourrait être appliquée pour pouvoir en venir à dire « Madame l'agente » en toute quiétude. Commençons par d'autres agentes. Il en est dans l'immobilier et dans le matrimonial, qui ne manqueront pas de s'en amuser ; il en est aussi de nombreuses dans la fonction publique et dans les services publics, qui apprécieront sûrement. Imposons partout « agente » jusqu'à ce que les agentes de police, entièrement circonvenues, le demandent d'elles-mêmes.


 

Posté par Lutecole à 21:03 - Féminisation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 novembre 2007

Autrice


      Cherchez l'intrus : " La directrice, telle une présentatrice, resta simple spectatrice dans le débat qui opposa la traductrice et l'auteure ".
      On pourrait craindre qu'il ne soit trop tard pour que "autrice" vienne à être utilisé comme féminin de "auteur". Or l'expérience montre qu'il suffit de s'y mettre. Différents appuis peuvent d'ailleurs être cherchés outr'Alpes : autore, autrice y dit-on maintenant ; et cela parce que l'on y disait jadis auctor, auctrix.
      Compte tenu de l'origine latine, "auteure" est illogique, tout comme le serait "traducteure" ou "présentateur". Laisserons-nous le haut du pavé aux illogiciens et aux illogiciennes ?


Posté par Lutecole à 16:12 - Féminisation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 novembre 2007

Première ministre


      A ce jour, lorsqu'un premier ministre est une femme, nul n'ose dire "la première ministre", alors que, par ailleurs, on n'hésite plus à employer "ministre" au féminin. Lorsqu'un roi est une femme, pourtant, on trouve normal de l'appeler "la reine".
      Il s'observe là une de ces réticences qui, dans une société comme la nôtre, ne peuvent que finir par tomber. Combien de temps celle-ci tiendra-t-elle ? Les paris sont ouverts.


Posté par Lutecole à 17:56 - Féminisation - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1