03 mai 2008
De Montrichard en Bourgneuf
La composition de
noms tels que Montrouge ou Montrond est si transparente qu'il ne
viendrait à personne l'idée de les prononcer mon-trouge
et mon-tron.
Il faut pourtant souffrir qu'en pays de Loire, sur les bords mêmes
du doux-coulant Cher, Montrichard soit prononcé mon-trichar.
La perte du sens n'y a même pas l'excuse d'un quelconque
agrément sonore. Faut-il s'étonner, après cela,
d'entendre Bourgneuf prononcé bour-gneuf
?
13 février 2008
Oignon
Ce n'est pas pour le plaisir de cultiver les exceptions que « oignon » se prononce ognon. Les érudits nous expliquent que, jadis, ce " i " n'avait pas pour fonction de produire le son oi. Il invitait à adoucir le " gn ", c'est-à-dire à le prononcer comme dans « gnon » et non comme dans « gnou ».
La connaissance de cette règle s'étant perdue, « Montaigne » se prononce désormais montègne et non plus montagne. Certaines éditions des textes de Pascal restent fidèles à la prononciation d'origine en modernisant la forme : on y lit « Montagne ».
« Oignon » est donc un rescapé. Pour « Montaigne » et quelques autres, l'aberration risque d'être difficile à corriger. Sauvons au moins « Saint-Aignan ».
27 janvier 2008
Qui ne sait
que le mot « mail » existe en français depuis plusieurs siècles, et
qu'il se prononce maille, tout comme « épouvantail »,
« soupirail », « émail » et « rail » ? Ce
dernier, aux lointaines origines françaises, nous est venu d'Angleterre avec le
chemin de fer. La prononciation anglaise (essayons de la rendre par l'écriture réyl) a laissé la place à raille.
Il est
normal que « e-mail », pour sa part, soit prononcé à l'anglaise : iméyl. Dans ce contexte télématique, il
s'offre un choix intéressant à qui préfèrerait employer « mail »
plutôt que « e-mail » ou « courriel ».
a) Maintenir la prononciation dans la langue de Shakespeare,
Disney & Co : méyl.
b) Se dispenser du grasseillement et prononcer mèl, comme il se fait pour « cocktail » ainsi que pour... « mailing ».
c) Prononcer maille,
comme on fait pour « rail ».