On lit, ici ou là,« les data », « la data », « les datas ». Il s’agit bien des données, matière première des échanges électroniques, sujettes à la quantification : des chiffres, des mots, des images, tout ce qui se laisse « numériser », binifier pourrait-on dire aussi.
      Il va de soi que, des trois tournures, seule est correcte la première, puisque data est le pluriel du neutre datum ; lequel signifie : ce qui est donné. Choisir le féminin et écrire « des data transmises », plutôt que transmis, tient à l’influence de données, Ce mot est mis au féminin en vertu de la tradition mathématique bien en place, qui veut que le féminin l’emporte souvent sur le masculin, comme avec variable, constante et inconnue. Les données d’un problème, dit-on couramment.
      Le pluriel s’est imposé (data et non datum) parce que les données informatiques sont en quantité, rarement isolées. La pratique langagière rejoint là celle qui concerne média, qui ne laisse aucune place à médium, et la double dérive ‘un média, des médias’ annonce que ‘une data’, et surtout ‘des datas’ ont quelques chances de s’imposer. Ces mots subissent en somme une délatinisation, phénomène de francisation peu respectueux des origines qui se produit aussi bien pour d’autres langues : des pizzas, des concertos, des ersatz, en place de pizze, concerti, Erzätze.