Il est d'usage de placer entre guillemets les propos d'autrui que l'on cite directement. Les mêmes servent parfois à indiquer la distance prise avec le propos lui-même, ou du moins avec l'une des portions. Si un journal rapporte que le ministre de l'Instruction sera « impitoyable » sur l'orthographe des lycéens, chacun comprend que le journaliste se lave les mains des dires du ministre.

     Ce procédé peut s'appliquer à un seul mot, mais difficilement à une partie de mot. Si l'on désaprouve, par exemple, l'usage qui est fait du suffixe « phobe » pour traduire la haine dans « xénophobe », on ne peut pas se permettre la lourde graphie xéno«phobe». Une solution de compromis consiste à alléger les guillemets jusqu'à l'état de délicates pincettes : xéno'phobe' suffit à rappeler que la phobie n'est pas haineuse par nature, tout comme pédo'phile' permettrait de rappeler que l'affection pour les enfants étant l'une des choses du monde les mieux partagées, le mot ne devrait pas servir à désigner pédomanes et pédocriminels.