Lapsus, maintenant courant, fut d'abord savant, surtout suivi d'une indication de registre : linguæ (de la langue) ou calami (de la plume).

    La forme française existe depuis jolie heurette, mais sous forme adjectivale : lapse, relapse. Non loin de l'idée de lapsus est celle de dérapage. Est lapse, souvent, celui qui a chu pour avoir dérapé. Notrepresse attentive à dénoncer maint dérapages pourrait qualifier ainsi les « présumés coupables ».

    Deux mots manquent dans la famille : un pour désigner celui qui est lapse, un autre pour la chute elle-même. Pour celle-ci nous employons lapsus. Il est donc logique que celui (ou celle) qui dérape soit appelé(e) un lapse.

    Lapsus lui-même, dans une certaine tradition de notre langue, pourrait en outrese prononcer lapsu. La consonne finale choit facilement, comme il se voit un peu partout : poulet, bizut, inclus, etc. Ce ne serait en rien lapser que de prononcer élégamment lapsu.